Tout le Théâtre

Tout le Théâtre

le nouvel opus de benoit solès

mardi 14 septembre 2021 à 20h00

l’histoire |
Été 1913. Depuis sa sortie de prison, Ed Morrell se bat pour que son ami Jacob Heimer échappe à la peine de mort. Impressionnée par la détermination de cet homme dans son combat, Charmian London, l’épouse du célèbre écrivain Jack London, invite Ed dans leur ranch, La Maison du Loup, dans l’espoir que la rencontre entre les deux hommes provoquera chez Jack, en mal d’inspiration, une étincelle.

Il n’est guère étonnant que la nature insoumise d’Ed Morrell, sorte de Robin des Bois ayant purgé quinze ans dans les geôles de San Quentin et devenu, après sa libération, un activiste engagé dans la réforme du système pénitentiaire, ait attiré Jack London l’écrivain de la liberté. Benoit Solès qui s’est déjà mesuré à des figures hors du commun a eu l’excellente idée de réunir sur scène ces trois personnages d’autant que, maintes fois portées à l’écran, les œuvres et la vie de Jack London n’ont que rarement fait l’objet d’adaptations théâtrales.

ce qu’ils en disent |
Pendant le confinement, alors que nous étions tous enfermés, j’ai ressenti un désir d’évasion, de voyage. Alors, j’ai relu Jules Verne, Stevenson, Kerouac et bien sûr... Jack London ! En relisant son Martin Eden, j’ai découvert l’existence d’un autre roman, son dernier chefd’œuvre : Le Vagabond des étoiles. Ce livre relate l’histoire d’un prisonnier qui se retrouve «  confiné à l’isolement  » dans une cellule de deux mètres sur trois. Pour échapper à la torture de la camisole de force, pratique courante à l’époque, son voisin de cellule lui enseigne (en communiquant en morse) une technique d’autohypnose lui permettant de «  quitter son corps  », pour entreprendre un véritable voyage mental, un «  voyage astral  », le comble du voyage, finalement ! Là, j’ai découvert que ce prisonnier avait vraiment existé. Il s’appelait Ed Morrell. Et c’est donc lui qui avait directement inspiré Jack London ! Dès lors, j’ai voulu imaginer leur rencontre, orchestrée par la femme de Jack, Charmian... Benoit Solès

reprise de la dernière création du collectif 8

mercredi 6 octobre 2021 à 21h00
jeudi 7 octobre 2021 à 20h30
vendredi 8 octobre 2021 à 21h00
samedi 9 octobre 2021 à 21h00
dimanche 10 octobre 2021 à 17h00
mardi 12 octobre 2021 à 20h30
mercredi 13 octobre 2021 à 21h00
jeudi 14 octobre 2021 à 20h30
vendredi 15 octobre 2021 à 21h00
samedi 16 octobre 2021 à 17h00en plus
samedi 16 octobre 2021 à 21h00
dimanche 17 octobre 2021 à 17h00

l’histoire |
Dans un monde divisé en trois superpuissances qui se disputent une quatrième zone, toutes les vérités sont renversées afin que la population demeure soumise et soit heureuse de l’être. Le langage est vidé de son sens, remplacé par une «  novlangue  » au service de la «  double pensée  ». Deux minutes quotidiennes d’hystérie collective cimentent les passions populaires contre un ennemi chimérique tandis que Big Brother, entité omniprésente et désincarnée surveille la population à travers des «  télécrans  ». Winston Smith travaille à la réécriture permanente de l’Histoire au ministère de la Vérité. Il noue une liaison clandestine avec une collègue, Julia, qui lui transmet ses rêves de liberté...

ce qu’ils en disent |
Monter 1984 aujourd’hui est pour nous d’une nécessité artistique vitale : surveillance, manipulation de la pensée et de l’information, reformatage de la pensée, puritanisme et communautarisme, appauvrissement du langage et de la pensée, restriction des libertés d’expression, état d’urgence... Autant de manifestations sociétales de notre temps qui sont prédites dans ce roman visionnaire et qui nous donnent le sentiment profond d’une urgence irrépressible. Gaële Boghossian

portrait d’une lady, par zabou breitman

vendredi 8 octobre 2021 à 20h30

l’histoire |
«  La tiédeur ne m’inspire pas. Ce qui m’inspire c’est coproduction le paradoxe, le oui et le non, le blanc et le noir, le tout et son contraire  » déclarait Zabou Breitman en 2019 au moment de Logiquimperturbabledufou. Avec l’écrivaine américaine Dorothy Parker, on ne court pas le risque de la tiédeur. Née en 1893 dans le New Jersey, elle publie son premier poème en 1915. Critique dramatique puis littéraire, Parker devient une scénariste en vue à Hollywood. Engagée dans la lutte contre le fascisme, elle sera dans les années 1950 victime du maccarthysme. Considérée comme «  la femme la plus spirituelle des États-Unis  » et redoutée pour sa langue acerbe, elle est aussi alcoolique et suicidaire. Elle est retrouvée morte seule dans une chambre d’hôtel de New York en 1967. Littérairement elle n’a jamais pratiqué que la forme courte dont beaucoup de nouvelles. Zabou Breitman, seule en scène, en a choisi quelquesunes et nous livre un portrait intime de cette femme qui dans un «  inventaire  » poétique avouait qu’elle n’atteindrait jamais trois choses : «  L’envie, le contentement, et une quantité suffisante de champagne.  »

ce qu’ils en disent |
J’entre en lisant aux spectateurs un extrait de l’article du New Yorker qui raconte l’improbable voyage des cendres de Dorothy Parker en septembre 2020. Puis j’apporte une banquette d’époque, en racontant ce que dit l’article mais en ayant lâché le magazine. J’apporte un paravent. Une table. [...] Je baisse la lumière sur la scène, rends plus intime le lieu à l’aide des projecteurs que je déplace, que j’oriente. La lumière se fabrique devant les spectateurs. Le spectacle naît. Je prends un autre New Yorker dont on voit une couverture des années 20. Je commence à lire une nouvelle de Dorothy Parker, je vais m’asseoir sur le canapé. Puis la lecture très rapidement devient spectacle, et la scène de «  dernier thé  » prend vie. Sans rupture entre le style indirect et le style direct. On plonge. Zabou Breitman

un passé qui ne passe pas..

mardi 19 octobre 2021 à 20h00
mercredi 20 octobre 2021 à 20h30

l’histoire |
L’histoire de notre famille fait-elle de nous ce que nous sommes ? Pour répondre à cette question, le dramaturge suédois Rasmus Lindberg a composé une pièce polyphonique faisant coexister simultanément sur le plateau trois couples, trois époques et trois registres, chaque temporalité revendiquant sa propre musique. Michel Didym a confié cette partition ingénieuse à des comédiens capables de faire entendre passé, présent et futur tout ensemble.
Une maison familiale scandinave est la demeure-témoin d’un drame survenu en 1913 dont les conséquences rejaillissent sur les descendants pendant plus d’un siècle. Tous les maillons dans la chaîne des générations seront affectés par cette scène fondatrice. On verra comment en 1968 puis en 2014, les membres d’une même famille continueront de payer la dette du passé.

ce qu’ils en disent |
Au fil des générations, les destins des trois couples se font écho à travers leurs blessures, leur incapacité à vivre, leur culpabilité. Ici, une grand- mère alcoolique se suicide, un grand-père est diabolisé, un père défiguré manipule une psychothérapeute qui deviendra la mère d’une femme se croyant incapable de créer des relations durables à cause de son passé. [...] La dramaturgie glissante évoque notre époque incer- taine. Rasmus Lindberg exprime et libère les désarrois contemporains, raconte des êtres perdus au milieu d’eux-mêmes, désespérément drôles ou drôlement désespérés. Il aborde les questions métaphysiques d’une société tourmentée par les incertitudes de sa condition. Les personnages nous entraînent et s’aventurent en suspension vers l’histoire qui se dévoile dans la tension organique de la langue. Michel Didym et Marianne Ségol-Samoy

ce qu’ils en pensent |
Il s’agit d’une chorégraphie subtile, orchestrée de main de maître par Michel Didym, dont la mise en scène fluide, dynamique et élégante est époustouflante. Jeff Schinker, Tageblatt

le présage d’un beau spectacle

vendredi 22 octobre 2021 à 21h00
samedi 23 octobre 2021 à 21h00

l’histoire |
En psychanalyse, le terme «  métanoïa  » engage le changement et la libération. En l’espèce, ce sera celui d’une jeune femme qui cherche à comprendre par quel processus psychologique elle s’est laissée enfermer dans une relation toxique et dévastatrice pendant une dizaine d’années. Certes, elle a vécu une passion mais comment y survivre ? Comment se changer en phénix, renaître de ses cendres et trouver, un jour, la force de dire non ?

ce qu’ils en disent |
C’est un spectacle qui parle avant tout de résilience, de résistance et enfin de renaissance. Ce qui m’intéresse c’est comment dans une situation telle que celle qui est racontée on peut à n’importe quel moment reprendre le contrôle de sa vie, conserver la perspective d’une vie meilleure à partir du moment où on en fait le choix. Ce texte est donc une ode à la liberté des femmes, à leur indépendance, leur émancipation et surtout à l’affirmation de leur individualité. Mélissa Prat
Comment faire cohabiter passion et raison ? Comment nos petites voix intérieures influent-elles sur nos choix de vie ? Comment se positionner, trouver sa place et s’affirmer face à un autre tant aimé qui nous dépossède de nous-mêmes ? Autant de questions que Métanoïa soulèvera par de multiples «  conversations  » que la comédienne aura alternativement, tel un va-et-vient musical, avec son coeur et sa tête. Bénédicte Allard

ce qu’ils en pensent |
C’est une pièce d’une force incroyable qui raconte une relation d’enfermement et comment une femme se détache de ses liens. C’est le papillon qui éclot. Françoise Nahon, festival «  Femmes en scène  »

Comment un discours conspirationniste devient-il séduisant ?

mardi 9 novembre 2021 à 20h30
mercredi 10 novembre 2021 à 21h00

l’histoire |
Alex est une adolescente qui grandit dans une banlieue à l’horizon restreint. Elle fréquente le lycée et cherche à s’affranchir à la fois de l’influence d’un ami plus âgé et de la parole autorisée du corps enseignant, représenté par Anne, une professeure d’histoire qui a peur de ses élèves et les met en garde contre tout. Mais si Alex a décidé de penser par ellemême, une série d’injustices dans son entourage vont faire naître une défiance radicale qui la mène à l’isolement mais aussi à adhérer à des thèses complotistes car celles-ci lui donnent une impression de puissance et l’illusion de pouvoir désigner des coupables.
Partie intégrante de la scénographie, un subtil travail de vidéo transcrit sur scène les conditions d’un environnement troublé où chacun est conduit à interpréter la réalité comme il l’entend. De même, l’espace sonore est conçu comme une constellation auditive déroutante où la nature exacte des sons est elle aussi sujette à interprétations. Le plateau devient alors le paysage mental des protagonistes, aux prises avec la recherche éperdue de vérité.

ce qu’ils en disent |
En écrivant ce texte je veux dire que nous sommes collectivement responsables des conditions dans lesquelles les plus pures fantaisies et aussi les plus menaçantes deviennent plausibles mais ce qui arrive à Alex n’est pas réductible à une réalité sociale. Les mécanismes que je tente de révéler ne sont l’apanage d’aucune classe. Nous sommes toujours menacés d’isolement et de décrochage quand notre expérience ne trouve pas d’écho chez les autres. La division entre ceux qui savent et ceux qui ne savent pas n’est jamais neutre et les personnages de La Théorie entrent sur scène pour l’affirmer. Marie Yan
J’ai trouvé dans ce texte l’expression de mes inquiétudes d’enseignante, de citoyenne et en tant que metteuse en scène, une problématique brûlante, essentielle à amener au théâtre. Le complot en lui-même est un sujet explosif. Les théories sont multiples, dangereuses et tous les adhérents ne sont pas des enfants. Ce débat dans mes classes a suscité chez moi la curiosité d’identifier les autres complotistes, ceux qui étaient derrière les images qui défilaient en boucle sur les téléphones de mes élèves et de tenter de comprendre leurs motivations. La Théorie cherche cette compréhension, dénoue des fils et dialogue avec le mal sans pour autant le justifier ou l’excuser. Qu’elles rassemblent ou divisent, qu’elles fascinent ou effraient, les théories du complot sont omniprésentes et depuis toujours ressurgissent au moment où une société est en conflit avec elle-même, comme à présent. Valentine Caille

pour les 400 ans de la naissance de jean de la fontaine

mardi 7 décembre 2021 à 20h30
mercredi 8 décembre 2021 à 21h00
jeudi 9 décembre 2021 à 20h30
vendredi 10 décembre 2021 à 21h00
samedi 11 décembre 2021 à 21h00
dimanche 12 décembre 2021 à 17h00
mardi 14 décembre 2021 à 20h30
mercredi 15 décembre 2021 à 21h00
jeudi 16 décembre 2021 à 20h30
samedi 18 décembre 2021 à 21h00

l’histoire |
Un jour, invité à déjeuner, il arrive le repas déjà terminé. Quand on lui demande où il était retenu il répond en tout sincérité qu’il a dû assister à l’enterrement d’une fourmi. Jean de La Fontaine n’est pas l’animal que l’on croit. Il est encore moins un homme ordinaire. Sa vie est une fable aussi précieuse que celles que l’on connaît. Reste à savoir quelle en est la morale. Frappé par la maladie, il s’inquiète soudainement de son salut. Comme il demande à être absout de ses péchés de toute urgence, l’Église lui envoie Soeur Pouget, une jeune nonne consciencieuse qui n’entend pas lui accorder le pardon sans un examen approfondi de son âme. Elle réunit tous les membres de l’Académie Française et lui ordonne une confession générale. Entre fièvre et réalité, les anecdotes savoureuses donnent la réplique aux fables dans une création musicale pour harpe, violon et clavecin. 3 interprètes tous musiciens, comédiens et chanteurs se disputent le plateau dans une performance exaltante de précision. Des voix, des chants, des confessions pour un grand cabaret de la comédie humaine.

ce qu’ils en disent |
Entre le tumulte de la vie parisienne et les forêts de Champagne, entre les jupons qu’il court et sa femme qu’il délaisse. Entre la peur de la mort et les plaisirs de la vie, entre une ode à son roi et ses satires politiques, entre sa foi en Dieu et ses contes impies, entre l’ancien et le moderne... Si la vie de La Fontaine est une fable, quelle en est la morale ? Clément Althaus

ce qu’ils en pensent |
Seulement trois artistes sur scène, pourriez-vous penser, mais quels talents ! Il et elles sont pluridisciplinaires, remarquables dans chacun des secteurs que ce soit pour chanter, jouer d’un instrument (sauf Claudia qui passe sans sourcilier du violon au piano), en jouant en même temps...Nul doute que cette approche proposée par la compagnie StART 361° devrait retenir l’attention à la fois du public, du monde culturel et des médias régionaux. ProjecteurTV

le nouveau projet du collectif 8, compagnie associée à anthéa

mercredi 5 janvier 2022 à 21h00
jeudi 6 janvier 2022 à 20h30
vendredi 7 janvier 2022 à 21h00
samedi 8 janvier 2022 à 21h00
mercredi 12 janvier 2022 à 21h00
vendredi 14 janvier 2022 à 21h00
samedi 15 janvier 2022 à 21h00
dimanche 16 janvier 2022 à 17h00
mercredi 19 janvier 2022 à 21h00
jeudi 20 janvier 2022 à 20h30en plus
vendredi 21 janvier 2022 à 21h00
samedi 22 janvier 2022 à 21h00

l’histoire |
Victime de calomnies, Edmond Dantès passe quatorze ans dans une geôle du château d’If au cœur de la rade de Marseille avant de s’évader et s’emparer d’un trésor caché dont l’abbé Faria lui a révélé l’existence. Devenu riche et puissant, Dantès se fait passer pour le comte de Monte-Cristo et entreprend de se venger de ceux qui l’ont accusé à tort. L’intérêt pédagogique de la pièce ne tient pas à sa seule inscription au patrimoine littéraire. Monte-Cristo est moins une quête de la vengeance qu’une histoire d’accouchement de soi-même, de transmission autour d’un duo maître-élève, Faria-Dantès. En choisissant cette approche, le Collectif 8 est en totale pertinence avec des jeunes spectateurs. Les personnages du roman content l’histoire d’un monde où certains schémas politiques et sociaux sont toujours d’actualité : banquiers, magistrats, militaires, spéculateurs et toutes leurs intrigues pour le pouvoir, un système judiciaire vicié qui produit l’injustice.

ce qu’ils en disent |
C’est pour moi une énigme que laisse Dumas derrière lui et qui m’a tenue au corps pendant de longues années. Plus je tirais les fils entrelacés de cette toile complexe, plus il me fallait relever le défi d’en remplir les vides, les manques afin de répondre à cette invitation pour comprendre le monde. C’est à la gestation et naissance du personnage de Monte-Cristo que je souhaite remonter. C’est dans un cachot du château d’If que se trouve la clef du mystère. C’est ici qu’il rencontre l’abbé Faria, le savant, l’accoucheur, l’instrument des destinées hypothétiques. Il enseigne, éclaire, il donne le jour et met au monde le champ des possibles. Il dessine des plans, des cartes et des formules, de situations posées en choix variables, de conséquences actées en réactions en chaîne ; les visions d’itinéraires de vie passées et futures émergent. Sur les murs du cachot les lignes, dessins et diagrammes de Faria prennent vie dans d’étranges hallucinations dévoilant les prévisions de variantes possibles de la grande Histoire. Gaële Boghossian

Emmanuel Demarcy-Mota revient dans la pièce la plus célèbre du dramaturge sicilien, qui fête elle-même les cent ans de sa composition.

samedi 15 janvier 2022 à 20h30
dimanche 16 janvier 2022 à 16h30

l’histoire |
Sur la scène d’un théâtre en pleine répétition, surgissent six personnages, six inconnus que personne n’attendait : le père, la cinquantaine petite-bourgeoise ; la mère, éplorée ; la fille, rétive ; le fils et deux enfants plus jeunes. Cette famille sort de l’imagination d’un auteur qui n’est pas allé au bout de son histoire. Livrés à eux-mêmes, les personnages cherchent un dramaturge qui puisse leur donner une vraie consistance. Ils vident leur cœur devant le metteur en scène, s’interrompent, se contredisent, chacun d’entre eux cherchant avant tout à élucider son propre cas et à se justifier. Entre leur authenticité et ses possibles représentations le conflit semble insoluble.

ce qu’ils en disent |
La pièce de Pirandello peut exprimer toute sa puissance, sa force énorme, parce qu’elle contient un mystère qui est la contamination du monde visible par le monde invisible, «  un monde surréel  », où la magie cachée, terrifiante et meurtrière, à laquelle on ne pouvait pas s’attendre au départ, prend naturellement sa place dans le théâtre. C’est l’occasion ou jamais de chercher à dépasser les limites du théâtre, non en les niant, mais en les portant à des conséquences paradoxales. De faire un rêve moderne : un rideau tombe sous un souffle d’air, palpite comme une chose vivante, se fige dans l’immobilité absolue, un drap devient maison ou théâtre. Un ring mobile, un échafaud, un radeau, où chacun se retrouve, comme dit le Père, «  enchaîné et cloué pour l’éternité  ». Emmanuel Demarcy-Mota

ce qu’ils en pensent |
Demarcy a le don d’embellir tout ce qu’il touche, il rend à Pirandello sa fureur, son mystère. Si l’on est ému jusqu’aux larmes (de vraies larmes s’il vous plaît), c’est que soudain on découvre une œuvre magnifique. Le Figaro
Emmanuel Demarcy-Mota magnifie toute la magie du plateau pour en montrer aussi les abîmes assassins. Envoûtant et inquiétant. Télérama
Une création profondément émouvante, incroyablement haletante, portée par des interprètes magnifiques. San Francisco Chronicle

patrick chesnais ne retrouve plus ses clés

mardi 25 janvier 2022 à 20h30
mercredi 26 janvier 2022 à 21h00
jeudi 27 janvier 2022 à 20h30
vendredi 28 janvier 2022 à 21h00
samedi 29 janvier 2022 à 21h00
mardi 1er février 2022 à 20h30

l’histoire |
Luc Gavarine n’a pas égaré que ses clés. Sans situation sociale stable et avec un passé amoureux semé de désillusions, il vient à nouveau d’être quitté par celle qu’il aime. Faute de pouvoir rentrer chez lui ce soir-là, il dort à l’hôtel puis, après une errance sans véritable but, rencontre Flore à la piscine. Elle est enceinte et il l’aime dès le premier regard, elle et son futur enfant... Au fond, lui aussi aimerait bien «  tomber père  ». En emboîtant le pas de Christian Oster, Patrick Chesnais montre un homme que sa quête d’absolu renvoie à la solitude, au moment où quelque chose va peut-être changer le cours de sa vie et trouver «  une petite place sur cette terre  ». Avec ce genre de préoccupations, que peut-on bien faire d’un grand appartement ?

ce qu’ils en disent |
Avec l’adaptation du livre de Christian Oster – que j’adore – on retrouve un peu l’univers de Woody Allen. C’est bourré d’humour, de folie. Vraiment très drôle. C’est aussi un personnage un peu à la Houellebecq : il a des difficultés avec les femmes, ses amours sont moyens... Patrick Chesnais

Sara Giraudeau à l'air libre

vendredi 11 mars 2022 à 20h30

l’histoire |
Des murs, la porte close, une fenêtre grillagée : Ève ne connait du monde que cet espace où elle a grandi depuis que Franck l’a séquestrée, alors qu’elle n’était qu’une enfant. Elle tient la maison, mitonne des petits plats, s’occupe du linge, est prise dans une relation ambiguë avec l’homme qui la retient prisonnière. Mais le temps est venu pour elle de sortir de la cage. S’inspirant de la terrible histoire de Natascha Kampusch, la pièce de Pierre Tré-Hardy raconte la dernière heure d’une séquestration de plusieurs années, dans une ambiance de thriller psychologique où la folie, la mort et l’espoir changent de camp en permanence. Pour sa première mise en scène de théâtre, Sara Giraudeau a trouvé en Patrick d’Assumçao, révélé dans L’Inconnu du lac, un partenaire «  hors du commun  » pour une situation «  hors du commun  ».

ce qu’ils en disent |
Je connais ce texte depuis environ cinq ans. Avant de me lancer dans la lecture, je me souviens que le thème m’avait fait très peur, pour ne pas dire repoussée. Il me paraissait impossible d’aller jouer tous les soirs une histoire de séquestration, situation inhumaine qui, à l’imaginer, me devenait vite insupportable. Mais le titre, à l’inverse, m’inspirait. Il portait à la fois un aspect clinique, une poésie, et une énigme que je voulais déchiffrer, alors je me suis lancée... Mettre en scène n’était pas une évidence au départ, elle l’est devenue avec le temps car c’est une pièce d’acteurs, et que les personnages sont si difficiles à incarner que ce travail d’interprétation est déjà un travail de mise en scène. Sara Giraudeau

Emmanuel Meirieu ose aborder sur scène la question des SDF en France

mardi 15 mars 2022 à 20h00

l’histoire |
En 1986, à Nanterre, Patrick Declerck, psychanalyste et ethnologue a ouvert la première consultation d’écoute en France destinée aux SDF. Il a passé un peu plus de quinze ans avec eux. «  J’ai suivi les clochards dans la rue, dans les centres d’hébergement, à l’hôpital. Je les ai côtoyés ivres vociférants ou comateux d’alcool, hagard de rage et d’impuissance. J’ai souvent dû combattre les nausées que leur odeur provoquait. J’ai aidé à les soigner. Je pense en avoir soulagé plusieurs. Je sais n’en avoir guéri aucun  », écrit-il dans Les Naufragés, l’ouvrage qu’il a rapporté de ce séjour chez les grands exclus. L’histoire de ces échoués, fous de pauvreté, morts de froid est devenue la sienne et il a essayé de les «  réchauffer  » autant que possible entre les pages de son livre. Un livre bouleversant lu par plus de 300 000 personnes. À son tour, Emmanuel Meirieu, en adaptant Declerk, a voulu ériger un éphémère monument théâtral à ces laissés-pour-compte, afin que des êtres privés de mots et d’attention, puissent pour un soir trouver un refuge digne de ce nom.

ce qu’ils en disent |
Le rire peut être vulgaire, mais la larme aussi. C’est évidemment ce que nous voulons éviter à tout prix : il y aurait une obscénité à être dans la sensiblerie, à arracher la larme facile. Mais il y aurait aussi une obscénité à ce que les gens n’aient pas envie de pleurer en voyant le spectacle. Le but, c’est aussi d’entrer en compassion et de sortir de l’indifférence. Car on s’est beaucoup habitués, ces dernières années, à la présence de ces sans-abri qui vivent parmi nous. Il y a eu une acclimatation, une tendance, instrumentalisée politiquement et idéologiquement, à développer une indifférence à la souffrance des autres. Alors, si on n’a pas envie de pleurer face à ces Naufragés, je considérerai que je n’ai pas fait mon travail. Emmanuel Meirieu, entretien

ce qu’ils en pensent |
Le comédien François Cottrelle interprète avec maîtrise ce monologue qui porte haut l’étendard de l’indignation. Gilles Renault, Libération
Les Naufragés gifle le public. Avant de lui mettre des larmes plein le cœur. Nos prétendus remèdes sociaux s’y trouvent si mis à mal. Car il y a des hommes et des femmes que nos solutions ne concernent plus. Fabienne Pascaud, Télérama
La rencontre entre Emmanuel Meirieu et le livre de Patrick Declerck apparaît comme une évidence, au regard des engagements du metteur en scène, de sa sensibilité à la souffrance humaine et à l’exclusion. Fabienne Darge, Le Monde

emma dante magicienne

vendredi 25 mars 2022 à 20h30
samedi 26 mars 2022 à 20h30

l’histoire |
Librement inspiré du recueil du Conte des contes de l’auteur napolitain Giambattista Basile (1566-1632), le spectacle raconte l’histoire d’un vieil homme, dernier survivant de sa famille, qui, la veille du 2 novembre, dresse la table en l’honneur des défunts, selon la tradition sicilienne. Avec de l’eau, de la farine, du succréraet, il pétrit la pâte et confectionne le Pupo di zucchero, le mannequin de sucre, une statuette aux couleurs vives. Tandis que la pâte lève le vieillard invoque les morts de sa famille. Et voici que les défunts font bel et bien leur entrée dans la chambre qui se change en une piste de danse où ils revivent le roman de leur vie. production

ce qu’ils en disent |
J’ai ressenti le besoin de transformer par le théâtre cette douleur de la perte, de l’absence, en quelque chose de magique. Car la mort peut être magique. Dans certains pays comme le Mexique, sa fête coïncide d’ailleurs avec une explosion de vie. Elle estcoupnroedcuoctniodnition fondamentale de l’existence – un événement tragique certes, mais aussi extraordinaire et que nous devons accueillir. Sans quoi, tout ce qui fait nos vies serait bien trop superficiel. Emma Dante

rire quoi qu’il en coûte !

mardi 29 mars 2022 à 20h00
mercredi 30 mars 2022 à 20h30

l’histoire |
Tout compte fait, Jean-Michel Ribes, avoue trouver assez excitant de faire front pour ne pas disparaître. Lui et son équipe ont «  inventé des choses impensables  ». Moralité, il va créer sa prochaine pièce en septembre 2021, au Rond-Point, le théâtre qu’il dirige depuis vingt ans. Elle s’appelle J’habite ici et son titre dit assez qu’on y traitera de proximité, de vie de quartier, d’un immeuble et de ses douze appartements. On trébuchera souvent, on se relèvera, on avancera à tâtons cherchant l’air frais «  à travers la broussaille des certitudes et le bordel des idées  ». J’habite ici ira jusqu’à montrer comment érotiser l’ensemble d’un ministère, l’intérêt d’élire un maire incompétent ou stupide, au choix, les bienfaits de la côte de bœuf et de la mayonnaise sur les végans, la solitude d’une concierge ange gardienne d’un immeuble peuplé de démons. Et bien d’autres personnages, mosaïque de cette époque dont l’humour reste la seule issue de secours.

ce qu’ils en disent |
À l’école, je me suis aperçu petit à petit que le théâtre était un endroit où l’on pouvait parler autrement. On pouvait être autre chose, sortir de la réalité. C’était un lieu d’accueil pour moi, un lieu de «  désangoisses  ». Et je me suis naturellement avancé vers cette fiction avec une troupe d’amis, peu enclins à saluer les règles de la réalité. Jean-Michel Ribes

garden-party avec les dieux

mercredi 30 mars 2022 à 21h00
vendredi 1er avril 2022 à 21h00

l’histoire |
Le séjour des dieux n’est plus ce qu’il était, pour tout dire l’Olympe est devenue inhabitable. Alors les dieux descendent du ciel et nous demandent l’hospitalité à nous autres, les êtres humains. Pour une fois, c’est eux qui nous prient de bien vouloir les recevoir puisque la Terre est encore belle. En échange Iris, Prométhée, Hermès et Héra nous racontent leurs légendes. Ce sera l’histoire de Phaéton et de son char de feu ou celle des paysans de Lycie qui préfèrent salir l’eau plutôt que de la partager. Saurons-nous en prendre de la graine et nous métamorphoser comme nous y invite Ovide ?

ce qu’ils en disent |
Les dieux sont tombés du ciel, et demandent l’hospitalité aux hommes. D’habitude, c’est nous qui les prions. Mais voilà tout change. Leur paradis est devenu inhabitable. Et la terre est encore belle.
Que vont-ils faire de nous ? N’ayons crainte, les Olympiens n’ont plus les moyens d’un déluge : Zeus n’a plus de batterie, alors gaspiller pour se venger...
En échange de notre hospitalité, Iris, Prométhée, Hermès et Hèra vont nous conduire à travers leurs légendes. Celle de Phaéton qui, brûlant de conduire le char du soleil, dévasta tout autour de lui, celles des paysans de Lycie qui choisirent de salir l’eau plutôt que de la partager. Saurons-nous en prendre de la graine, et nous métamorphoser comme nous y invite Ovide ? Thierry Vincent

ce qu’ils en pensent |
Donc les dieux grecs sont littéralement «  tombés du ciel  », dans la transposition vincentienne. Mais ils ne sont pas descendus en simples mortels, mais en tant que mythologies. Déchus peut-être mais avec dignité ! Et la dignité, c’est les masques. Ici les masques ne sont pas à ranger au magasin des accessoires. Ils sont signés François Guillaumet, ils ont une réelle prégnance. Zut de zut ! Thierry Vincent, à l’insu de son plein gré, aurait-il commis une tragédie grecque ? Jacques Barbarin, Ciaovivaculture

Nelson-Rafaell Madel poursuit son exploration des grandes figures de la tragédie

mardi 5 avril 2022 à 20h30
mercredi 6 avril 2022 à 21h00
jeudi 7 avril 2022 à 20h30

l’histoire |
L’histoire d’Antigone a traversé les millénaires : ses deux frères, Étéocle et Polynice s’étant entretués pour le trône de Thèbes, le roi Créon refuse d’accorder une sépulture à Polynice. Quiconque osera l’enterrer dignement sera puni de mort. Antigone refuse d’obéir. Pour ce spectacle vivant, c’est en musique et en chants qu’Œdipe, Jocaste, Étéocle, Polynice et Ismène, forment avec Antigone un groupe mythique afin de transmettre une légende qui n’en finit pas de poser les bonnes questions.

ce qu’ils en disent |
Il est difficile de mettre des mots sur ce qui dicte le choix sensible et pulsionnel d’Antigone : une malédiction ancestrale qu’elle ne pourrait pas nommer ? Une blessure profonde non cicatrisée ? Une mémoire invisible qui ne saurait se taire ? Les destinées désastreuses de sa mère et son père ? Ou simplement l’amour qu’elle porte à son frère ? Nelson-Rafaell Madel

une version bien contemporaine pour le 400e anniversaire de molière

mercredi 27 avril 2022 à 21h00
jeudi 28 avril 2022 à 20h30
vendredi 29 avril 2022 à 21h00
samedi 30 avril 2022 à 21h00
mercredi 4 mai 2022 à 21h00
vendredi 6 mai 2022 à 21h00
samedi 7 mai 2022 à 21h00
dimanche 8 mai 2022 à 17h00
mardi 10 mai 2022 à 20h30
mercredi 11 mai 2022 à 21h00
jeudi 12 mai 2022 à 20h30
vendredi 13 mai 2022 à 21h00

l’histoire |
Pour fêter le 400e anniversaire de la naissance de Molière, le Collectif La Machine se met en campagne et métamorphose le proverbial Monsieur Jourdain du Bourgeois gentilhomme en candidat aux présidentielles ! Car si Monsieur Jourdain décide d’adopter les airs des «  gens de qualité  », c’est bien pour être élu. Moyennant quoi, toutes sortes de coachs défilent chez lui pour lui apprendre à briller devant les foules. Épuisée de le voir se ruiner dans cette vaine lubie, sa famille lui fait croire qu’il est en passe de remporter l’élection et que l’ambassadeur de Turquie en personne lui demande audience. Monsieur Jourdain ne se sent plus de joie, mais jusqu’où peut aller la supercherie ? Et à quel moment passet-on de la farce intime au drame historique ?

ce qu’ils en disent |
Monsieur Jourdain, personnage maladroit, boursouflé d’égotisme, en constant décalage avec le monde qui l’entoure, tente de prendre des allures de Jules César shakespearien. Et pourtant, malgré ses appétences, il n’atteindra jamais la majesté qu’il convoite tant. À travers ce texte, pourtant écrit en 1670 pour la Cour de Louis XIV, tout est encore là, intact, figé dans ce miroir immortel de la vanité humaine. Quelle occasion de faire écho de manière ludique et parfois effrayante à notre contemporanéité ! Le tout, dans l’effervescente énergie de notre troupe qu’anthéa soutient et valorise pour la neuvième fois. Felicien Chauveau

Pauline Bayle ne s’y est pas trompée et en restitue toute la sève «  variée, large et profonde comme le monde  »

mardi 14 juin 2022 à 20h00
mercredi 15 juin 2022 à 20h30

l’histoire |
Ceux qui n’ont pas encore eu le bonheur d’approcher le chef-d’œuvre balzacien découvriront à travers une vingtaine de personnages portés par cinq comédiens les débuts de Lucien Chardon, dit de Rubempré. Né pauvre d’un père roturier et d’une mère de la petite noblesse, ce jeune provincial doué d’une grande beauté et se croyant poète entreprend de séduire Mme de Bargeton, la «  reine  » d’Angoulême... À Paris où il se sauve, aiguillé par l’ambition, il poursuivra ses rêves de gloire. Ivre d’illusions il connaîtra un succès éphémère dans le journalisme et l’amour dans les bras d’une jeune première au théâtre. Ayant par intérêt épousé des idées politiques contraires à ses premiers engagements, il décevra son monde et entraînera dans sa chute ses proches au premier rang desquels, la splendide et misérable Coralie...

ce qu’ils en disent |
Récit initiatique résolument ancré dans le réel et le présent, Illusions perdues met en prise des individus face à leurs désirs les plus profonds dans la jungle d’un Paris très proche du nôtre. Les destins se font et se défont au cœur de la ville, un territoire où les chimères enivrent les êtres sans pour autant les consoler de leur solitude. Plus que n’importe quel autre roman de Balzac, Illusions perdues nous tend le miroir de chacune de nos existences, entre espérance et résignation, ambition et humilité, rêve de puissance et rappel cruel de la réalité, et pour cette raison, je suis intimement convaincue qu’il renferme une matière théâtrale passionnante et pleine de promesses. Pauline Bayle

ce qu’ils en pensent |
Pauline Bayle réussit un spectacle d’une force, d’une beauté, d’une tenue et d’une qualité dramaturgique exceptionnelles. Un chef-d’œuvre à voir absolument. Catherine Robert, La Terrasse
Cette France, qui relie celle de 1820 à la nôtre, Pauline Bayle et ses comédiens l’abordent d’une manière simple, directe, frontale. Et c’est enthousiasmant. Brigitte Salino, Le Monde
Le texte de Pauline Bayle a l’allure d’un précipité limpide : les dialogues claquent, l’action s’emballe, toujours fluide. Le Paris intellectuel et «  arty  » d’hier résonne avec celui d’aujourd’hui. La satire sociale est d’une savoureuse acuité. Philippe Chevilley, Les Échos

anthéa, théâtre d’Antibes
260, avenue Jules Grec 06600 Antibes • 04 83 76 13 00
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